Epargne salariale: les montants distribués en forte hausse

C’est un bilan encourageant, en forme d’état des lieux avant réforme, qu’a publié ce jeudi la Direction de la recherche du ministère du Travail (Dares), alors que  la loi Pacte, promulguée en mai dernier, a l’ambition de doper l’épargne salariale. Au titre de l’exercice comptable 2017 (ce qui correspond le plus souvent à des versements en 2018 pour la participation et l’intéressement), les entreprises ont versé près de 19 milliards d’euros d’épargne salariale, dont 18,4 milliards pour les entreprises de 10 salariés et plus, contre 17,1 milliards l’année précédente pour ces dernières.

Forte progression de l’intéressement

Les montants versés ont ainsi augmenté de 6,6 % par rapport à l’exercice comptable 2016, à champ constant (la Dares a en effet étendu son étude annuelle aux DOM-TOM hors Mayotte et aux associations loi de 1901). Une évolution tirée par la forte progression de l’intéressement, en hausse de 9,1 %, contre +3,5 % pour 2016. La croissance de la participation a été aussi significative, mais plus modérée, à +4 %, et en léger retrait par rapport aux 5,5 % de l’année précédente, tandis que les abondements des employeurs aux plans d’épargne entreprise (PEE) ou plans d’épargne retraite collective (Perco) ont progressé respectivement de +4,9 % et de +5,9 %.

Et le mouvement devrait se poursuivre. Si le ministère du Travail ne dispose pas déjà d’un bilan pour l’exercice comptable 2018, un indicateur donne néanmoins une idée de la tendance : selon la commission des comptes de la Sécurité sociale, l’assiette du forfait social – une contribution de 20 % qui frappe essentiellement l’épargne salariale – devrait encore progresser de 4,8 % cette année. Des évolutions plus rapides que la masse salariale.

Autre signe de ce dynamisme : le montant moyen des primes versées a progressé de 151 euros, souligne la Dares, pour atteindre 2.512 euros par bénéficiaire, tiré particulièrement par la croissance du montant de l’intéressement (+5,7 % contre +2,5 % pour la participation). Sachant que 36 % des salariés couverts par au moins un des deux dispositifs touchaient à la fois une prime de participation et d’intéressement, une proportion en hausse de 6 %, toujours à champ constant. La hausse de l’abondement de l’employeur à un plan d’épargne salarial est restée plus limitée, avec un montant moyen de 724 euros pour les PEE et de 556 pour les Perco.

Les salariés bénéficiaires d’intéressement et de participation ont bloqué à 57 % ces sommes sur des PEE ou des Perco. Le reste a été touché directement par le salarié, à sa demande.

Seuil de 50 salariés

Si progression de l’épargne salariale il y a, force est de constater qu’elle bénéficie aux mêmes. L’étude fait même état d’un léger resserrement des bénéficiaires. Quelque 8,8 millions de personnes, soit 49,9 % des salariés du secteur marchand hors agriculture, ont eu ainsi accès à au moins un dispositif d’épargne salariale au titre de l’exercice comptable 2017. C’est 1,8 point de moins que l’année précédente. Surtout, les salariés des petites entreprises restent toujours aussi peu nombreux à pouvoir bénéficier d’un dispositif de participation, d’intéressement ou d’un plan d’épargne salariale.

Seules 11,2 % des personnes travaillant dans une entreprise de moins de 10 salariés y ont accès, contre 86 % parmi celles travaillant chez un employeur de 1.000 salariés ou plus. Le seuil structurel en la matière est celui de 50 salariés, au-dessus duquel la participation obligatoire s’applique, rappelle la Dares, qui a calculé que le taux d’accès passe de 4 % pour les entreprises de 10 à 49 salariés à 38,9 % pour les entreprises de 50 à 99 salariés.

Source : Les Echos

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