Fin du régime de la sécurité sociale étudiante : vers des disparitions de mutuelles

Ce mois de septembre marque la première rentrée dans l’enseignement supérieur où tous les étudiants sont désormais affiliés au régime général. Coup dur pour les mutuelles étudiantes : trois ont déjà fusionné et deux, voire trois autres, pourraient disparaitre.

Le clap de fin pour le régime étudiant de sécurité sociale (RESS) au 1er septembre, avec l’arrêt définitif de la gestion de l’assurance maladie obligatoire par les mutuelles étudiantes, ne sera pas sans conséquence pour ces dernières. La fin de deux mutuelles régionales est déjà programmée, et une troisième,

La Mutuelle des étudiants (LMDE), seul organisme national, pourrait également disparaitre.

Double menace

 L’existence de LMDE avait déjà été menacée il y a un an, lorsque le conseil d’administration d’Intériale avait entériné une résolution autorisant la nomination d’un commissaire à la fusion. Si ce vote n’avait pas été suivi d’effet, le sujet reste d’actualité. «LMDE a engagé cette année des discussions sur un projet de fusion avec Intériale », déclare Pauline Raufaste, présidente de la mutuelle étudiante. «Nous n’en sommes qu’au stade de l’intention. Les discussions n’ont pas abouti, l’idée n’est pas formellement actée et devra le cas échéant faire l’objet d’un vote en assemblée générale», précise-t-elle.

Que cette fusion intervienne ou pas, une autre hypothèse susceptible de remettre en cause l’existence ou l’autonomie de la seule mutuelle étudiante nationale retient l’attention, en l’occurrence la possible entrée d’Intériale dans le groupe Vyv. Si ce rapprochement devait advenir, il marquerait une sorte de retour aux sources pour LMDE, substituée par la MGEN (pilier du groupe Vyv), depuis sa création au début des années 2000 sur les décombres de la MNEF, jusqu’à ce qu’Intériale vienne à la rescousse de la mutuelle étudiante en 2015.

Reconversion dans l’immobilier

Quant au groupe Vyv, qui compte deux mutuelles étudiantes dans son giron – la Smeba en Bretagne et la MGEL dans l’Est – il a déjà programmé la disparition de la première. La Smeba prévoit le transfert de ses adhérents à Harmonie Mutuelle et l’arrêt de ses activités assurantielles, pour se transformer en organisme de livre 3 du code de la mutualité (activités sanitaires et sociales), avec la volonté d’être un levier d’investissement dans le domaine du logement en particulier.

Cessation d’activité aussi pour Vittavi, mutuelle membre du groupe Aesio, qui s’est déjà séparée de son activité assurantielle avec le transfert de son portefeuille à Eovi MCDMutuelle. « Nous allons maintenant engager le processus de dissolution de Vittavi qui se concrétisera au 1er semestre 2020 », indique Eric Gex-Collet, directeur général d’Eovi MCD Mutuelle. Dans le cadre du transfert, Eovi MCD a pour l’instant conservé la marque Vittavi, dont le site web restait actif à fin août, sans trancher définitivement la question de savoir si elle l’exploiterait commercialement ou non.

En revanche, la MGEL, qui fait partie de Vyv Partenariat pourrait devenir à terme la mutuelle de référence des jeunes du groupe Vyv. Mais si elle reste aujourd’hui autonome, la question d’un rapprochement avec d’autres structures du groupe Vyv pourrait un jour se poser.

Enfin, la Smeco (Centre-Ouest) et la Smereb (Bourgogne Franche-Comté) ont déjà fusionné l’an dernier par voie de fusion-absorption avec la Smerra (Rhône-Alpes Auvergne), qui affiche désormais des ambitions nationales. Poursuite d’activité également pour la Smerep (région parisienne), la MEP (Provence Alpes-Côte-d’Azur) et la Smerag (Antilles-Guyane), qui se rapprochent sous la marque Heyme, avec les mêmes ambitions nationales. Reste la nordiste Smeno, dernière mutuelle étudiante à poursuivre son activité assurantielle sans s’engager dans un rapprochement.

Source : Argus de l’assurance

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