RSE : 5 raisons de miser sur la responsabilité sociétale de l’entreprise

RSE : 5 raisons de miser sur la responsabilité sociétale de l'entreprise

C’est l’un des sujets à la mode dans l’assurance. Pas une semaine ne s’écoule sans que telle ou telle entreprise ou organisation ne vante ce qu’elle fait en matière de responsabilité sociale ou sociétale (RSE). Début juillet, par exemple, on apprenait qu’un nouveau membre du comité exécutif de Generali France chargé de la RSE avait été nommé, qu’Axa pour la recherche – un fonds consacré, entre autres, aux projets environnementaux et aux enjeux socio-économiques – avait reçu une nouvelle dotation de 50 M€ ou encore que les adhérents de la Fédération française de l’assurance (FFA) avaient renouvelé leur engagement en faveur du développement durable en approuvant la nouvelle charte RSE de la profession. Simple coup de com’ ou vraie stratégie des entreprises ? Comment expliquer que l’assurance s’engage autant dans cette voie ? Réponse en cinq points.

La RSE : responsabilité sociale – ou sociétale – des entreprises rassemble l’ensemble des pratiques mises en place afin de respecter les principes de développement durable. Elle intègre les enjeux sociaux, économiques et environnementaux développés dans les activités de l’entreprise.

Pour se conformer aux cadres réglementaires

À l’origine, c’est l’article 225 du Grenelle II qui a poussé beaucoup d’entreprises à s’intéresser au sujet. Avec cette loi, applicable depuis 2012, les entreprises cotées sont en effet tenues de publier un reporting extra-financier, dans lequel sont inscrites des informations sociales, environnementales et sociétales. En 2015, l’article 173 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte a aussi été un accélérateur en faveur de la RSE. Il a instauré des obligations d’informations pour les investisseurs institutionnels – à savoir principalement les banques et les acteurs du monde de l’assurance – sur leur gestion des risques liés au climat. Le sujet pourrait prendre encore plus d’ampleur après la présentation au gouvernement, le 9 mars dernier, du rapport Senard-Notat. Ce document propose de mettre en place des « comités des parties prenantes » dans les sociétés, chargés de suivre la mise en œuvre de leur stratégie RSE. Les acteurs qui instaurent un tel comité pourraient recevoir l’appellation d’« entreprise à mission », un principe instauré officiellement dans le projet de la loi Pacte qui sera débattu à l’Assemblée nationale en septembre.

 

Pour attirer et fidéliser les talents

Beaucoup d’acteurs ont « profité de cette contrainte réglementaire pour la transformer en opportunité », observe Jean-Pierre Lassus, directeur de la division financière de SwissLife. « C’était l’occasion de structurer une démarche RSE », indique-t-il. En l’occurrence, cette « démarche » s’est déclinée rapidement à tous les niveaux de l’entreprise, qu’il s’agisse de la transparence de la gouvernance ou de la gestion des ressources humaines (RH). Un des axes de développement de la politique RSE de Garance a ainsi concerné l’épanouissement au travail. « Les salariés recherchent du sens dans le poste qu’ils occupent : ils veulent partager les mêmes valeurs sociales que leur entreprise », explique Anne-Laure Taponnier, DRH de cette mutuelle spécialisée dans l’épargne retraite. Actions solidaires contre la faim, accord sur l’égalité hommes / femmes, innovations participatives : Garance a redoublé d’inventivité pour promouvoir la diversité et le bien-être de son personnel. Et ça a marché : selon le baromètre Great Place to Work 2018, 92 % de ses salariés estiment que Garance est une entreprise où il fait bon travailler.

 

Pour s’adapter aux exigences des clients

« Les assureurs sont également confrontés à de nouvelles attentes consuméristes », constate François Garreau, président de la commission de développement durable à la FFA et responsable de la mission RSE auprès du comex de Generali France. Les clients veulent avoir affaire à des entreprises « propres ». Qu’à cela ne tienne ! Les assureurs adaptent en conséquence leur gamme de produits en développant les offres à valeur environnementale. En février, le conseil d’administration de Generali a approuvé la stratégie climat du groupe, qui prévoit l’augmentation de la part en porte­feuille des primes liées aux secteurs des énergies renouvelables. Plus largement, dans le cadre du volet Investisseur responsable de la nouvelle charte RSE portée par la FFA, les assureurs se sont engagés à inclure dans leur offre, d’ici à fin 2018, au moins un support en unité de comptes bénéficiant d’un label à caractère ISR (Investissement socialement responsable), solidaire ou climat.

13 % : l’écart de performance entre les entreprises qui introduisent des pratiques RSE dans leur politique et celles qui ne le font pas

Pour se différencier face à la concurrence

« Si nous négligeons les attentes de nos clients en matière environnementale, nous prenons le risque de les voir partir chez un concurrent qui aura mieux valorisé sa démarche », souligne Marie-Doha Besancenot, directrice des affaires publiques et de la RSE d’Allianz France. Toutefois, qu’ils se rassurent : tous les acteurs du monde de l’assurance s’étant emparés du sujet RSE, le risque de perdre des clients reste limité.

Il n’empêche, en plaçant l’humain au cœur de leur action et en intégrant des paramètres environnementaux et sociaux dans leur politique d’investissement, les assureurs peuvent toutefois se démarquer… des nouveaux acteurs qui voudraient pénétrer le secteur. « La RSE est clairement un facteur de résilience par rapport aux Gafa », confirme François Garreau, de Generali. Selon lui, ces géants du Web ne se soucient pas assez de leur politique RSE. Google a notamment dû faire face, en mars dernier, à une vague de protestations sans précédent de la part de ses salariés, 4 000 d’entre eux ayant signé une pétition afin que cesse un programme militaire conclu entre leur entreprise et le ministère de la Défense étasunien. Du côté d’Amazon, des milliers de collaborateurs ont fait grève en Espagne et en Allemagne le 17 juillet, afin de protester contre la pénibilité de leurs conditions de travail. Deux bad buzz qui ont sérieusement écorné l’image de ces mastodontes auprès de leurs collaborateurs, mais aussi de leurs clients.

37 % : le pourcentage d’entreprises qui ont publié de façon volontaire un rapport RSE en France en 2017, soit dix points de plus que lors de l’exercice précédent

Pour améliorer sa rentabilité

Reste la question que tout le monde se pose : est-ce que la RSE rapporte de l’argent à l’entreprise ? Peu de spécialistes évaluent encore le retour sur investissement de ces démarches, mais tous s’accordent néanmoins à dire que ne pas s’engager dans cette voie présente un risque financier. « Si demain une taxe carbone est instaurée, l’investisseur qui aura fait peu d’efforts pour décarboniser son activité sera forcément moins rentable que celui qui aura intégré des paramètres environnementaux et sociaux dans sa politique d’investissement », insiste François Garreau, président de la commission de développement durable à la FFA.

Sur le terrain, les gestionnaires d’actifs semblent également convaincus du bien-fondé de cette nouvelle politique. « Il y a deux ans, on sentait du scepticisme de la part des asset managers sur l’intégration des critères environnementaux sociaux et de gouvernance. Il y avait notamment beaucoup d’interrogation autour de la rentabilité de ces investissements. Aujourd’hui, ces questions ne se posent plus », constate Marie-Doha Besancenot, d’Allianz France. Selon une étude menée par France Stratégie (l’ex-Centre d’analyse stratégique qui lui-même avait remplacé le Commissariat général du Plan), les entreprises ayant introduit des pratiques RSE dans leur stratégie afficheraient un gain de performance de 13 % en moyenne par rapport aux autres. Un écart qui grimpe même à plus de 20 % pour la seule dimension RH de la RSE.

90 % : la part des Français qui déclarent apprécier plus les groupes ayant une bonne politique de RSE que ceux qui se désintéressent de la questioN

Source : ARGUS de l’assurance

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