Tarification des soins : une réforme très prometteuse

En s’appuyant sur des critères de qualité, de pertinence et de coordination, la réforme doit permettre d’améliorer les soins tout en réalisant des économies.

Comment réduire les dépenses sans dégrader les services publics ni diminuer les prestations sociales ? La question est posée dans le cadre du grand débat national, et de la réponse dépendra la capacité du gouvernement à abaisser la pression fiscale.

Une chose est sûre, le poids considérable et croissant des dépenses sociales oblige à se pencher sur les retraites et l’assurance-maladie. Donner des coups de rabot sur les prestations – comme le fait le gouvernement en désindexant les retraites et les prestations familiales – ne constitue qu’un pis-aller, et génère des effets anti-redistributifs, qui vont à l’inverse des objectifs affichés. D’autres voies doivent être explorées,  comme l’incitation à retarder le départ en retraite .

Gains d’efficience

En matière de santé,  la réforme en cours de la tarification des soins est prometteuse . Des gains d’efficience considérables peuvent être réalisés en organisant mieux les prises en charge et en réduisant les prix des services et des soins. Et ces gains peuvent être recherchés tout en améliorant la qualité des soins et en étant porteurs de sens pour les professionnels de santé.

La tarification joue ici un rôle clef. Alors qu’elle incite aujourd’hui à multiplier les actes, à l’hôpital comme en médecine de ville, elle devrait davantage prendre en compte la qualité et la pertinence des soins, et récompenser la coordination des professionnels de santé.  Voir : Protéger les personnes -> Santé

Le chantier est mûr

Entendons-nous bien : le dossier est complexe et sensible, et ce gouvernement n’est pas le premier à s’y atteler. Mesurer la pertinence d’un acte comme définir des indicateurs de qualité – et les mesurer régulièrement ensuite – ne sont pas des choses aisées. De telles réformes font en outre l’objet de résistances car elles bousculent des intérêts établis.

Mais depuis ce mardi,  des propositions concrètes sont sur la table de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui visent par exemple à inciter les services d’urgence à réorienter les patients les plus légers vers une prise en charge en ville. Elles devraient être engagées sans délai.

Source : Les Echos.fr

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