Coronavirus : 300 milliards d’euros pour les crédits aux entreprises

fermeture restaurateur

Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une enveloppe d’un montant de 300 milliards d’euros visant à garantir les prêts sollicités par les entreprises à leurs banques. Le gouvernement va aussi mettre en place une indemnité exceptionnelle de 1.500 euros mensuels pour les indépendants très gravement touchés par la crise du virus.

Le plan annoncé jeudi 12 mars était déjà massif, mais il va encore être musclé un peu plus. Emmanuel Macron a dévoilé ce lundi 16 mars lors de son allocution télévisée une nouvelle salve de mesures destinées à venir en secours aux entreprises et aux travailleurs percutés par la crise du coronavirus. « Nous sommes en guerre », a répété à plusieurs reprises le chef de l’Etat. L’exécutif est pressé par le temps, et présentera mercredi 18 mars cette réponse économique en Conseil des ministres, sans doute via un projet de loi sur ces mesures d’urgence couplé à une loi de finances rectificative.

Garantir des nouveaux prêts des entreprises

Une mesure frappera sans doute les esprits. Emmanuel Macron a annoncé avoir mis en place une très grosse enveloppe – 300 milliards d’euros – pour garantir tous les nouveaux prêts que les entreprises solliciteraient auprès de leurs banques« Aucune entreprise quelle que soit sa taille ne sera livrée au risque de faillite », a martelé le chef de l’Etat. Le dispositif devra être voté dans les prochains jours, mais avec un effet rétroactif. « Notre priorité depuis le début, c’est de préserver la trésorerie des entreprises. Cette nouvelle enveloppe est plus massive et vient relayer le mécanisme de garantie de prêts pour les PME via la BPI annoncé la semaine dernière », explique-t-on à Bercy. Pour ce nouveau dispositif, c’est là encore la BPI qui sera mise à contribution.

Le gouvernement fait ainsi un choix similaire à celui fait par l’Allemagne en fin de semaine dernière, qui avait annoncé 550 milliards d’euros de garanties de prêts pour les entreprises. « C’est clairement l’équivalent du choix d’Angela Merkel », souligne une source gouvernementale. A côté de cela, Bercy a également demandé aux banques de reporter de 6 mois le remboursement de crédit des entreprises, et ce sans frais.

Une aide exceptionnelle pour les indépendants

Outre cette bouffée d’air frais apportée à la trésorerie des entreprises, le gouvernement devrait également ajouter un plan d’aide aux indépendants, non éligibles aux mesures de chômage partiel. Ce plan d’aide, qui s’annonce massif, étant donné les conséquences de la crise du coronavirus pour les milliers de commerçants, libéraux ou artisans, prendrait la forme d’une indemnité mensuelle – on parle de 1.500 euros par mois – pour tous ceux qui ont dû arrêter leur activité ou ceux qui ont perdu au moins 70 % de leur chiffre d’affaires, selon nos informations.

Selon une source ministérielle, 95 % des bars, restaurants et hôtels avaient déjà subi une baisse de leur fréquentation depuis début mars, avant même la décision de fermeture annoncée le samedi 14 mars au soir. Lundi matin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait évoqué une population de 2,5 millions d’indépendants, même si tous ne sont peut-être pas concernés.

Fonds national de solidarité

Deux canaux auraient été envisagés pour le versement de cette aide : un fonds national de solidarité ou une dérogation au mécanisme des indemnités pour arrêt maladie. Finalement, c’est l’option d’un fonds national de solidarité qui serait privilégiée. Ce fonds, abondé par l’Etat et les régions, rassemblerait 1 milliard d’euros dans un premier temps, mais la somme pourrait évoluer en fonction de l’évolution de la crise. Il servira notamment à verser une indemnité forfaitaire mensuelle de 1.500 euros sous condition, aux entreprises de moins de 1 million de chiffre d’affaires et lorsque celui-ci a chuté d’au moins 70 % entre mars 2019 et mars 2020. Les grandes entreprises ont été appelées à y contribuer, pour ressusciter l’élan de solidarité vu lors de l’incendie de Notre-Dame, mais cet appel reste en suspens pour le moment.

Autre sujet sur la table que le gouvernement devrait étudier dans les jours à venir, mais qui ne concerne pas que les indépendants : l’aide pour le paiement des loyers. Des discussions sont en cours avec les bailleurs sociaux. Idem pour le paiement des factures de type EDF. « Les factures de gaz, d’eau, d’électricité, les loyers devront être suspendus », a martelé le chef de l’Etat. Les entreprises, qui ont pu bénéficier d’un report de leurs charges dues à l’Urssaf, pourraient également bénéficier d’un report concernant les cotisations Agirc-Arrco. Celles-ci doivent être réglées en théorie au 25 mars.

Source : Les échos entrepreneurs

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