Les institutionnels promettent un milliard de plus aux start-up

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Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique, ont travaillé ensemble à l’organisation de l’allocation des 6 milliards dédiés aux start-up matures.

Qui dit mieux ? Ce sont finalement 6 milliards d’euros qui passeront des mains des investisseurs institutionnels à celles des acteurs de l’investissement dans les start-up,  contre les 5 milliards promis par Emmanuel Macron en septembre 2019 . De l’argent privé exclusivement, que l’Etat a mobilisé dans le but de permettre à la France de générer des géants technologiques mondiaux.

Mais le gouvernement ne s’est pas contenté d’orienter les fonds, il orchestre également l’organisation de leur allocation. « Pour faire vivre cette initiative, nous avons mis en place une organisation inédite, en réunissant les investisseurs dans une gouvernance ouverte et transparente. Elle permettra de sélectionner les meilleurs projets et de partager l’expertise, avec un objectif : faire grandir notre écosystème du financement de la tech en France », indique le ministre de l’économie Bruno Le Maire.

L’Etat en retrait

Concrètement, ces 6 milliards seront alloués à des fonds labellisés par un organe de gouvernance qui siégera pour la première fois à la fin du mois de janvier. Ce dernier sera réparti en un comité exécutif et deux comités techniques, l’un dédié au coté et l’autre au non-coté. Y siégeront des représentants de chaque investisseur institutionnel s’étant engagé, ainsi qu’un représentant du Trésor et de bpifrance. Ces deux derniers ne prendront cependant pas part au vote. Pour être labellisés, les fonds devront être parrainés par un institutionnel, qui présentera le dossier au comité. « Dans le cas où il n’y aurait pas de candidatures, l’Etat pourra lui aussi soumettre un dossier au comité », indique Bercy. Le ministère souligne que l’Etat interviendra le moins possible, en espérant que ces acteurs deviennent totalement autonomes dans les années à venir.

D’ici là, il faudra s’assurer que les 6 milliards ruissellent effectivement vers les start-up. Bercy s’est donné trois ans, indique le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O : « Dès la fin du mois, des fonds seront rendus éligibles à l’initiative par les investisseurs signataires, ce qui permettra de procéder ensuite très rapidement aux premiers investissements. Notre objectif est véritablement d’accélérer la montée en puissance de l’écosystème French Tech ». Reste à savoir si le marché français de l’investissement est suffisamment profond pour absorber ces fonds.

Concernant le non-coté, c’est-à-dire l’investissement dans des fonds destinés aux start-up « late stage », plusieurs équipes sont déjà en place et attendent l’argent mobilisé par l’Etat. Deux acteurs, Eurazeo et Partech, sont en cours de levée et aimeraient atteindre le milliard d’euros. Ils investiront dans le « late stage », c’est-à-dire dans des start-up « qui génèrent du chiffre d’affaires, ont des clients solides et sont en train de s’internationaliser », selon Bercy. De plus petits fonds pourront également être labellisés, à condition d’atteindre le milliard sous gestion par étapes ou qu’ils justifient que les start-up de leur secteur nécessitent des sommes moins importantes pour devenir des géants internationaux.

Pour ce qui est du coté en revanche, tout reste à créer. Les marchés européens des valeurs tech sont pour le moment atones. L’Etat espère voir, grâce à cette promesse d’accès à des fonds, de nouvelles équipes de gestion spécialisées s’installer sur la place parisienne. Un objectif plus laborieux, et pour lequel le délai de trois ans pourrait se révéler serré.

 

Source : Les Echos entrepreneurs

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