Contentieux, contrôles Urssaf et inspections du travail… Les coups pleuvent sur les jeunes pousses qui mettent en relation travailleurs indépendants et entreprises. Au point d’en pousser certaines à changer leur modèle, en attendant que les autorités publiques tranchent sur le sujet.

Le ton s’est durci. En quelques mois, le combat qui oppose les plateformes de travail temporaire sur les métiers peu qualifiés et les acteurs historiques de l’intérim est monté d’un cran. Contentieux, contrôles Urssaf et inspections du travail, l’ensemble de l’arsenal a été déployé pour forcer les startuppeurs engagés sur ce secteur à rentrer dans le rang. Quitte à fragiliser leur entreprise au profit de leurs concurrents étrangers, comme en témoigne Florent Malbranche, PDG de  Brigad, une start-up spécialisée dans les missions temporaires dans l’hôtellerie-restauration et l’événementiel : « Ces assignations ou mises en demeure ont pour conséquence de faire fuir les investisseurs et peuvent, ce qui s’est passé dans notre cas il y a deux ans, mettre à mal un processus de levée de fonds. Le pire reste que cela favorise indirectement la concurrence américaine ou asiatique qui, pendant ce temps-là, se développe à toute vitesse et ne tardera pas à venir en Europe et en France. »