Marina Jehl :

quand la gestion du risque rencontre l’esprit d’équipe

Podcast Echouer Pour Réussir Marina Jehl

Six semaines avant les championnats qualificatifs pour les Mondiaux au Japon, une barre de musculation tombe sur le pied de Marina Jehl. Fracture. Pour la plupart, c’est la fin de la saison. Pour cette nageuse olympique et double championne de France, c’est un problème à analyser et à résoudre. Sa réaction immédiate ? Calculer les délais, adapter le plan, mobiliser les ressources disponibles. Mais c’est un simple relais en Espagne, où ses coéquipières pleurent de joie pour une victoire « sans importance », qui lui révèle la vraie nature de la performance durable : elle repose sur l’esprit d’équipe et la solidarité collective.

L’outsider qui progresse sans garantie

Le parcours de Marina Jehl ressemble à celui de nombreux entrepreneurs : progresser sans certitude, avancer sans être dans les cases. Dès ses débuts dans le sport de haut niveau, elle évolue en marge des standards. « Chaque année, j’étais sûre que j’allais me faire virer du pôle espoir », confie-t-elle. Toujours à la limite des critères, jamais dans les grilles qui donnent accès aux aides de la fédération, elle construit pourtant son chemin jusqu’aux Jeux Olympiques.

À 14 ans, elle postule à plusieurs pôles espoirs. Un seul l’accepte : Font-Romeu. « J’avais pas un niveau qui cassait trois pattes à un canard, mais on a cru à mon potentiel. » Quelqu’un a su voir au-delà des performances du moment. C’est exactement le rôle d’un véritable partenaire : repérer et accompagner le potentiel avant qu’il ne devienne évident pour tous.

Ses entraîneurs successifs, à Font-Romeu puis à Canet, ont maintenu cette confiance malgré l’absence de résultats spectaculaires. « J’ai eu de la chance parce que j’avais des entraîneurs qui croyaient en moi. » Cette fidélité dans la durée définit précisément ce qu’est un partenariat solide.

Mars 2023 : gérer une crise six semaines avant l’échéance critique

Mars 2023, stage de préparation à Font-Romeu. Marina est dans la dernière ligne droite avant les championnats de France, qui conditionnent l’accès aux Mondiaux au Japon. Entre les entraînements intensifs et ses révisions universitaires, la charge est considérable. En séance de musculation, une barre lui glisse des mains et tombe sur le pied. Fracture de la deuxième métatarse du pied droit. Le médecin annonce six semaines de réparation minimum.

Évaluer rapidement les marges de manœuvre

Sa première question est factuelle : « C’est combien de temps pour qu’un os se répare ? » Six semaines minimum. Elle fait immédiatement le calcul : elle dispose exactement de ce délai avant la compétition. « Direct, je me suis dit : c’est bon, ça rentre. »

Cette capacité à évaluer rapidement la situation sans céder à la panique révèle une approche méthodique. Marina ne nie pas la gravité, mais elle identifie ce qui reste jouable. Combien de temps ? Quelles ressources ? Quelles adaptations ? Elle applique une démarche qu’on retrouve dans l’analyse des risques : identifier les contraintes, mesurer les délais, évaluer les possibilités.

« J’en parle avec mon coach, je dis : voilà, on a 6 semaines, faut qu’on trouve des trucs, on peut réussir. » Ils réorganisent tout le programme. Marina trouve d’autres façons de travailler, protège son pied, maintient sa préparation avec les moyens disponibles.

Adapter sans renoncer

« Vaut mieux être un peu naïve et me dire ‘Allez c’est bon, on y va, en force, ça va le faire.’ » Cette approche est une gestion constructive du risque : identifier ce qui reste possible plutôt que se focaliser sur ce qui devient impossible. Marina pose un pari calculé après avoir analysé les contraintes.

C’est exactement la démarche qu’une entreprise doit adopter face à une difficulté majeure : réorganiser les ressources disponibles, trouver des solutions alternatives, maintenir l’activité essentielle avec les moyens du moment.

Accepter le résultat sans renier la préparation

Marina arrive aux championnats et peut nager. « Déjà c’était une première victoire de pouvoir venir et participer. » Mais les chronos ne suivent pas. Pas de qualification pour le Japon. « La fille qui est partie sur le relais, elle a fait un temps que moi j’avais fait 3 mois plus tôt. J’avais vraiment le niveau. »

Avec le recul, elle ne classe plus cet épisode comme un échec. « J’avais l’impression d’avoir fait de mon mieux. J’ai cru jusqu’au bout. » Elle a appliqué sa règle : se donner tous les moyens pour ne pas avoir de regrets. Le résultat devient acceptable quand la préparation a été maximale.

L’électrochoc espagnol : redécouvrir ce qui compte vraiment

Quelques semaines plus tard, championnats d’Espagne avec son club de Malaga. Un club moyen, dixième national, qui n’accède jamais aux podiums. Lors du dernier relais, l’équipe termine première. La réaction de ses coéquipières est spectaculaire. « Elles sautent de joie, elles se mettent à pleurer. Toute l’équipe se met à pleurer, les parents dans les gradins pareil. Ils sont tous venus nous faire un câlin derrière le plot. C’est des choses qu’on fait pas du tout en France. »

Marina reste en retrait. « Moi j’étais ‘Ouais c’est cool, on a gagné’ mais bon, moi je voulais être au Japon. »

Pourtant, ces larmes de joie provoquent un déclic brutal. « Je les ai regardées et je me suis dit : ‘En fait c’est ça, c’est ça la natation, c’est ça que j’aimais avant.’ C’est des vraies émotions. C’est ça le sport aussi. C’est des émotions très pures qu’on partage. »

Elle prend conscience qu’elle a perdu quelque chose dans sa quête de performance individuelle. « Ça faisait quelques années où je me mettais la pression, c’est la recherche de la perfection, on est dur avec soi-même et c’était plus du tout le même plaisir. »

Ce moment révèle une vérité applicable à l’entreprise : la performance durable ne repose pas uniquement sur les résultats individuels. Elle se construit sur la solidarité collective, sur les émotions partagées.

De retour en France, Marina consulte son préparateur mental. « Je lui dis : je veux ressentir ça à chaque course. Peu importe la course, même le jour de la qualif des jeux, je veux avoir la même excitation, le même plaisir. » L’esprit d’équipe devient son objectif principal, non plus un moyen d’atteindre un résultat.

L’équipe comme filet de protection dans les moments difficiles

Après les Jeux Olympiques, Marina traverse la démotivation post-compétition. « J’avais plus du tout envie de m’entraîner. Le seul truc qui me faisait venir à entraînement, c’était mes copains. »

Cette dimension collective devient son principal moteur. « Mon moteur principal quand je vais à l’entraînement, c’est que je vais revoir mon équipe, mon coach, je vais rigoler, on va s’amuser. » Les liens tissés fonctionnent comme un filet de sécurité dans les moments difficiles.

Dans le sport comme en entreprise, l’isolement amplifie toutes les difficultés. « Dans le sport, on se voit dans tous nos états, des plus mal au meilleur. C’est des liens très particuliers. Forcément tu te soutiens. »

Cette solidarité collective fonctionne comme une protection mutuelle : quand l’un traverse une période difficile, les autres compensent, soutiennent. Quand l’un réussit, ça tire tout le monde vers le haut.

La philosophie du « pas de regrets » : une approche applicable à l’entreprise

Interrogée sur sa méthode pour se qualifier aux Jeux Olympiques, Marina répond : « Pendant 2 ans, je me suis entraînée, j’ai tout fait en me disant « Je veux pas de regret le jour J. » La nourriture, le sommeil, j’ai tout adapté. Si ça passe pas, j’aurais tout essayé et c’est pas mon niveau. C’est comme ça. »

Cette approche illustre une stratégie de minimisation des regrets : plutôt que de chercher à garantir le résultat, on s’assure d’avoir mobilisé toutes les ressources disponibles. Le résultat devient alors acceptable, quelle qu’en soit l’issue.

Avancer étape par étape

Marina recommande une approche progressive : « Je pense qu’il faut y aller vraiment step by step. Viser les petites marches et après on monte, on monte. Moi j’ai l’impression que c’est un peu comme ça que mon parcours s’est fait. »

Cette stratégie permet de célébrer les victoires intermédiaires. « J’ai tellement vécu plus de choses que ce que je pensais vivre un jour que c’est que du plus. On a fait un record de France, j’aurais jamais pensé avoir un record de France. Je suis triple championne de France. »

C’est la démarche que nous appliquons avec nos clients : on ne construit pas une protection complète du jour au lendemain. On commence par comprendre la situation, puis on construit, étape par étape, les solutions qui évoluent avec le développement de l’entreprise.

Apprécier le chemin plutôt que le seul résultat

« Dans ma vie, est-ce que je serai plus heureuse si je suis championne d’Europe en 2023, 2025 ou jamais ? Sur le long terme, je pense pas que ça change vraiment quelque chose. C’est un accomplissement, c’est sûr. Mais si tu as fait tout ce qu’il fallait avant, c’est plus le chemin qu’il faut savoir apprécier que le résultat. »

Cette philosophie rejoint la vision du partenariat durable. L’enjeu n’est pas uniquement d’intervenir au moment des difficultés, mais d’accompagner tout au long du développement.

Le parcours de Marina Jehl révèle trois piliers de la réussite durable : se donner tous les moyens pour ne pas avoir de regrets, s’entourer de partenaires qui croient en votre potentiel avant que les résultats ne soient évidents, et ne jamais affronter les difficultés seul. Dans l’entreprise comme dans le sport, la solidarité collective constitue un facteur de protection aussi important que les protections financières.

Chez les Assurances Castérot Thal, votre projet mérite un partenaire qui s’engage à vos côtés step by step pour que vous puissiez dire : « J’ai tout essayé, je n’ai pas de regrets. »

Article inspiré du Podcast « #ÉchouerpourRéussir » de Paddock Academy pour lequel les Assurances Castérot Thal sont partenaires