Jérémy Wies : se tromper tôt pour mieux se préparer

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Jérémy Wies a 18 ans quand un stage en Suisse, où l’ennui l’emporte sur tout, le pousse à fonder sa propre société: il lui reste plus de deux ans de stages à effectuer, autant les faire à son compte. Il préside aujourd’hui Senovo Group, fondée en 2013 à Strasbourg, qui réunit plus de 150 personnes réparties dans huit pays. Optimiste revendiqué, il n’identifie que deux échecs dans son parcours, et seulement après une vraie introspection.Son conseil aux jeunes entrepreneurs : se tromper jeune. Sa nuance, plus utile encore aux dirigeants : avec des crédits et des enfants, la décision devient un choix de couple et de famille.

Un stage sans contenu, une entreprise à 18 ans

Deux ans de stage à remplir

Jérémy Wies débute son stage en Suisse avec l’envie d’apprendre. Il rejoint une société de conseil d’une quinzaine de personnes, dont presque tous les consultants passent leurs journées chez les clients. Sur quatre mois, il n’en voit que trois, et seulement une demi-journée de temps à autre. Quand un mail lui confie une tâche, le sujet est si complexe qu’il n’y comprend rien, et il pense que ce serait encore le cas aujourd’hui.

Ses journées sont longues : 41h30 de travail par semaine, un départ à 5h avec son père qui l’emmène chaque jour, 2h30 de route, un retour à 18h. Et rien à faire une fois sur place. « J’ai découvert que l’ennui, c’est pire que tout. »

Que faire ? Retourner en France, où tous ses camarades se plaignent, ou rester en Suisse malgré un travail quasi inexistant ? Une troisième idée s’impose : « Et si je créais ma boîte pour faire mes deux prochaines années de stage ? »

Il lui faut quelques semaines de négociation pour que son école, qui n’avait jamais vu un étudiant de 18 ans créer sa société et s’auto-évaluer, accepte finalement. Jérémy Wies s’attelle d’abord au logo, un WordArt, puis au site internet, avant que l’activité ne glisse vers le dépannage informatique.Son premier client est son grand-père, toujours fidèle aujourd’hui. Ce qui le porte, c’est l’esprit de compétition du sportif, ce « je peux réussir, je peux mieux faire, je peux faire différemment ». Sans lui, assure-t-il, il ne serait pas là.

Un appel le 24 décembre

Tout est parti d’un appel reçu à la maison l’après-midi du 24 décembre 2009, alors que Jérémy Wies vient d’avoir 19 ans. Au bout du fil, un nouvel habitant du village dont l’informatique du bureau a planté, et qui sait que le fils de la maison en fait.

Jérémy Wies y passe le 24 et le 25. Il ne répare rien, et pense aujourd’hui que personne n’y serait parvenu. Mais son engagement a plu. Deux jours plus tard, il est nommé responsable informatique de la plus grande société d’ambulances de France, basée à Mulhouse, alors qu’il lui reste quatre ans d’études à Strasbourg. Il intervient le soir, le week-end, et sort de cours pour dépanner. « Il y a plein de gens qui, le 24 décembre, auraient dit : C’est Noël, je viendrai le 26. Mais il n’y aurait rien eu de tout ça maintenant. »

Chercher ses échecs pour ne pas être pris au dépourvu

Quand le podcast lui demande de parler d’échec, Jérémy Wies se demande d’abord de quoi il pourrait bien parler. « J’ai rarement eu des échecs, ou du moins ressenti ça comme des échecs. » Il lui faut une vraie introspection pour en dégager deux.

Le premier est sportif. Joueur de tennis de haut niveau, il doit arrêter sa carrière à 16-17 ans, à un moment où il était à son apogée, à cause de blessures. S’effondrer ou avancer : il a choisi d’avancer, et son esprit de compétition est passé des courts de tennis à sa vie de tous les jours. Le second est ce stage où il s’ennuyait, et qui l’a poussé à créer sa première société.

Charles Pépin lui sert de repère. Jérémy Wies a lu le livre du philosophe et en retient qu’il faut connaître l’échec, et le connaître tôt : celui dont le premier arrive à 30 ans, dit-il, ne s’en relève en général jamais. D’où sa quête, en bon cartésien, de ses revers passés. Il ne voulait pas, à 30 ans, s’effondrer au moindre accroc « parce qu’on n’est pas préparé », lui qui voit des opportunités partout.

C’est aussi le principe de la prévoyance : anticiper l’imprévu pour garder la capacité de poursuivre sa route quand il arrive.

Se planter jeune, et ce qui change à 45 ans

Son message aux jeunes entrepreneurs est sans détour : « il vaut mieux se planter jeune que plus tard ». À 18 ans, rappelle-t-il, « on n’a pas d’enfant, pas de maison, pas de crédit, pas d’obligations », et ses années d’école ont été un « laboratoire » de cinq ans. Il invite aussi à s’engager totalement : selon lui, peu de projets réussissent quand ils se travaillent le soir, en parallèle d’une autre activité. « Lancez-vous le plus jeune possible, et de manière intense ! »

Il apporte lui-même la nuance. La peur de l’inconnu est beaucoup plus simple à contrer à 18 ans qu’à 45 ans, avec des crédits et des enfants à charge. « Là, ça devient un choix de couple, de famille, beaucoup plus dur à assumer. »

Cette phrase parle à tout dirigeant. Un emprunt, des collaborateurs, une famille : le pari n’est plus seulement personnel, il engage d’autres personnes. Reste à savoir ce qui tient quand l’imprévu arrive, et cela se prépare avant, comme Jérémy Wies a cherché ses échecs passés pour ne pas être démuni plus tard. C’est ce que nous construisons avec nos clients à Grand Est Courtage, notamment autour de la couverture du chef d’entreprise, pas à pas, pour que la protection permette de continuer à oser. Notre métier ? Protéger le vôtre. Relevez vos défis, nous assurons. Contactez-nous pour en parler.

Jérémy Wies a créé son entreprise à 18 ans et est allé chercher ses échecs avant qu’ils ne le surprennent. Son parcours rappelle que l’audace coûte moins cher quand il y a peu à perdre, et que se préparer permet de continuer à oser quand les enjeux grandissent.

Ce témoignage est à retrouver dans son intégralité sur le podcast #EchouerPourRéussir de Paddock Academy, dont les Assurances Castérot Thal sont partenaires.